Object Connecté au CES LasVegas

CES 2018 : un mois après, regards croisés entre deux startups et un analyste

 

Le retour positif des startups après le CES 2018

À cela s’ajoute un défi technique, car les organisateurs membres de la Consumer Technology Association demandent aux entreprises et aux startups d’amener dans leur bagage un prototype fonctionnel. Sur ce point, Emmanuel Berthod, dirigeant et CTO de Bio Pool Tech, une startup fondée
en 2016 qui conçoit une piscine connectée écologique sans traitement chimique de l’eau relate une véritable course contre la montre :
“Nous faisons partie d’une pépinière Green Tech et on nous a dit que notre projet de piscine connecté avait de fortes chances d’être sélectionné au CES 2018. Nous avions réalisé un prototype fonctionnel et cela avait séduit beaucoup de monde autour de nous. Nous avons donc candidaté au CES 2018, nous avons été sélectionnés et là, nous n’avions plus le choix : le produit qui était censé sortir l’été prochain devait être prêt pour le 9 janvier 2018. Nous avons changé tous les plannings, nous nous sommes bagarrés et nous avons sorti un produit encore plus abouti que ce que nous avions en tête au départ.”
Emmanuel Berthod semble plus que satisfait de l’effet de sa piscine connectée écologique: “Concernant l’interface et la facilité d’utilisation de l’application, notre objectif était de faire mieux que Nest qui est pour nous la référence en la matière. Au CES, les dirigeants de Nest sont passés sur le
stand et il nous ont dit ‘Waouh’. Nous les avons donc remerciés en leur expliquant notre postulat de départ. Ils nous ont même demandé si nous étions à vendre !” Cet ingénieur télécommunication de formation faisait son premier voyage au CES. Il faisait ce déplacement pour trois raisons. “Bio Pool Tech avait pour objectif de prouver les possibilités de son
produit, de trouver des distributeurs en dehors en Europe, mais également aux États-Unis et dernier point de chercher des investisseurs afin de préparer une levée de fonds”.

L’après CES 2018 pour Bio Pool Tech ? Plusieurs rendez-vous prévus avec des investisseurs et une commercialisation de son produit prévu pour l’été 2018.

Depuis la France, les régions françaises ayant fait venir les startups au CES 2018 ont suscité des critiques. Nous avons nous-mêmes relayé ce que nous considérions comme une guerre de chapelle entre les différents dirigeants de ces territoires géopolitiques. De même, certains analystes, dont
Olivier Ezratty souhaiteraient diminuer l’influence de ce régionalisme qui brouillerait le message envoyé aux investisseurs et aux acteurs étrangers intéressés par les startups de la French Tech. L’objectif ? Renforcer l’unité de la présence française dans un cas, répartir les jeunes entreprises dans des thématiques de l’autre. Cette vision n’est pas totalement partagée par les
startups interrogées.
Emmanuel Berthod de Bio Pool Tech explique que la compétition entre les régions n’était pas flagrante :
“Je pense que c’est une vision provenant de l’extérieur du salon. En effet, les régions ont mis le paquet pour se rendre visible et on peut le comprendre, ils ont engagé des moyens financiers pour cela. Il y a
la volonté d’être attractif à l’international, c’est très bien. Si les régions veulent attirer les talents quel qu’il soit, cela veut dire que la France veut faire de même. Moi j’ai trouvé cela génial que les régions se mettent autant en avant. Certaines délégations se démarquaient plus que d’autres, mais cela aurait été triste qu’il y ait des régions qui n’arrivent pas à le faire parce que chacune d’entre elles présente ses particularités. Cela représente toute la richesse et la beauté de l’attractivité de notre territoire.” Concernant la possibilité de regrouper les startups par thématique, le fondateur de Bio Pool Tech considère cela comme intelligent, “mais le problème c’est que si on réalise un regroupement thématique, on efface la visibilité sur les régions et si on efface la visibilité sur les régions, on va effacer leurs investissements”.

 

Source :
https://www.objetconnecte.com/ce
s-2018-startups/
Date : 12.02.2018